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Sous
le règne de Louis XIV
Sous
le règne de Louis XIV, les villes restent enserrées à l'intérieur de
leurs remparts.
Dans les rues étroites, avec leurs maisons et échoppes entassées,
une population bigarrée s'agite : commerçants et artisans, porteurs
d'eau, charretiers et cochers, et tout un monde de chômeurs ou de
mendiants de tous âges. L'hygiène est déplorable , les crises économiques
et les famines sont fréquentes.
Le
contraste est frappant entre les maisons populaires où le confort est
celui d'une écurie et les palais aux jardins bien dessinés.
Dans les premières, des familles nombreuses cohabitent ; dans les
seconds, le seigneur et les siens vivent au large.
Les enfants des premières traînent dans les rues, sont entraînés à
n'importe quel métier tandis que les enfants des "bonnes
familles" ont parfois plusieurs précepteurs à leur service.
C'est
dans ce contexte social, caractérisé par l'extrême pauvreté et la
richesse arrogante, par le non-droit et par les privilèges, que vit
Jean-Baptiste de La Salle.
Et il se
trouve du côté des "privilégiés"...
Jean-Baptiste
de La Salle sera conduit, peu à peu, par des choix successifs, vers la
priorité pour l'éducation des enfants des pauvres...
"Je ne
pensais nullement (aux écoles)... Si même j'avais cru que le soin de
pure charité que je prenais des maîtres d'école eût dû jamais me
faire un devoir de demeurer avec eux, je l’aurais abandonné. Car,
comme naturellement, je mettais au-dessous de mon valet ceux que j'étais
obligé d'employer aux écoles, la seule pensée qu'il aurait fallu
vivre avec eux m'eût été insupportable...
"Vous
parlez bien à votre aise, lui dirent des maîtres, tandis que vous ne
manquez de rien. Pourvu d'un bon canonicat et d'un bien de patrimoine
pareil, vous êtes assuré et à couvert de l'indigence..."
"Voici les raisons qui le lui persuadaient et qu'il se disait à
lui-même. J’ai la bouche fermée et je ne suis point en droit de leur
tenir le langage de perfection que je leur faisais sur la pauvreté si
je ne suis pauvre moi-même ; ni sur l’abandon à la Providence, si
j’ai des ressources assurées contre la misère ; ni sur la parfaite
confiance en Dieu, si un assez bon revenu m’ôte tout sujet d’inquiétude
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Oeuvre
réalisée
par Anne KIRKPATRICK
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Jean
Baptiste de la Salle
Fondateur
de l’ Institut des frères des écoles chrétiennes
Né
à Reims, dans une famille de négociants et de magistrats, créé
chanoine à seize ans, Jean-Baptiste de La Salle fit de longues et solides
études dans sa ville natale d’abord, puis à la Sorbonne à Paris.
Ordonné prêtre en
1678, il s’intéressa, dès l’année suivante, aux écoles de garçons
de la ville de Reims, constatant bientôt que le manque de ressources matérielles
était moins grave que l’impossibilité de trouver des maîtres compétents.
Il réunit des volontaires dans son propre hôtel familial pour les former
à cette tâche et les encadrer.
En 1682, le groupe, préoccupé
de pauvreté, s’installa dans un autre local, tandis que Jean-Baptiste
renonçait à son bénéfice de chanoine de Reims qui le faisait vivre
depuis 1667.
Il fonda, en 1691, l’
Institut des frères des écoles chrétiennes. La propagation de ses écoles
fut très rapide dans toute la France et jusqu’à Rome (1702). Elles
appartenaient à tous les types d’enseignement : écoles de charité, écoles
professionnelles, académies dominicales et même maisons de correction.
Après
sa mort en 1719, ses disciples réunirent et éditèrent les recueils de méditations
et de prières qu’il avait composés pour les Frères. Il fut canonisé
en 1900 et déclaré saint patron des éducateurs en 1950 par le pape Pie
XII. Sa fête est le 7 avril.
L’activité
des Frères des écoles chrétiennes a depuis longtemps débordé les
limites de la France pour s’étendre à de nombreux pays d’outre-mer.
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