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Un
éducateur - Un formateur d’hommes - « Il a marqué des générations » La
Presse boulonnaise |
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Enfance
et jeunesse
”Godefroy
de Bouillon”
”Godefroy
de Bouillon”
”Godefroy
de Bouillon”
Tel
qu’en lui-même enfin
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Enfance
et jeunesse Mr.
Landrieux ( Frère Enée- Joseph ) avait reçu mission de réouvrir à
Longuenesse (Malassise) les maisons de formation du District de St Orner, fermées en 1904. Les bâtiments occupés pendant la
guerre par un hôpital militaire anglais (sur la toiture une Croix
Rouge) sont dans un état déplorable. ”’
Le Frère Eugène Ley prépare un livre d’arithmétique pour le Brevet,
destiné à la fameuse collection « Par une réunion de Professeurs ».
Auguste sert de cobaye ». « Tous les problèmes du livre - ils sont près
de 500 - je les ai faits au moins 3 fois » racontait Auguste. Il
s’agissait de baignoires qui se remplissaient ou se vidaient, de
trains qui se croisaient ou se rattrapaient. Le manuel, sous sa
couverture rose, a été constamment réimprimé jusqu’à la disparition du Brevet Élémentaire. Auguste passe le
Brevet à Saint Orner en juillet 1925.
Il
entre au Noviciat de Hal (près de Bruxelles) à la fin des vacances. En
31-32, voici le « Service Militaire ». Auguste a la chance de
l’accomplir dans le « Génie ». Après les maths-théoriques,
c’est l’heure des maths-appliquées: relevés topographiques, aménagement
d’un passage à niveau, construction d’un pont...
Les
Supérieurs décident, en 1934, d’ouvrir à Boulogne-sur-Mer une école,
attendue depuis longtemps par la population. Ce sera ”Godefroy
de Bouillon”. Derrière cette décision,
chacun devine le souvenir de Saint Jean-Baptiste de La Salle, venu lui-même
à Boulogne, pour y fonder quelques écoles; le souvenir aussi du
Bienheureux Frère Salomon, originaire de Boulogne, martyr sous la Révolution.
Trois jeunes Frères accompagnent le Frère Henri Duvet, directeur, Frère
Auguste Barbaut nommé théoriquement pour un an, plus 2 jeunes Frères.
L’école s’est rapidement développée. Les Frères ont senti beaucoup d’amitié. En 1939, elle comptait quelque 300 élèves. ”Godefroy
de Bouillon” pendant la guerre (1939-1945) Auguste
Barbaut, Gaston Loonis, sont mobilisés. Le Frère Duvet reste seul,
avec un jeune Frère non encore appelé. On sait peu de choses sur la
vie A
trois, ils réfléchissent au moyen de ”redémarrer” l’école pour
les jeunes, restés ou revenus à Boulogne. Installation dans une ferme
à Colembert, puis en divers locaux. La communauté loge rue du
Puits d’Amour. «
Années difficiles » écrira Auguste. Aux bombardements allemands de
1940 succèdent les bombardements anglais. Le jour où le Frère
Vincent, délégué du Frère Visiteur, vient rétablir le lien avec le
district, un passant est tué par un éclat d’obus. Il mesure le
courage de nos trois Frères, bien décidés à ne pas quitter leur
poste quoi qu’il arrive.
cliquer sur la photo
Servir
autrement (1976-1992)
En septembre 1976, le Frère Auguste n’a plus de contrat d’enseignement. Un
homme de cette trempe ne saurait rester inactif. Écoutons
le programme journalier qu’il se fit et qu’il va suivre fidèlement,
au dire des témoins, pendant... 16 ans: « Lever h 5 heures. Prières.
Poubelles et chauffage central. Messe à 7 heures. Surveillance sur la
cour de récréation, à toutes
les récréations. Catéchisme en 4” ( il y en a 3 ), en 5”, en CM
1, Permanence à la chapelle ou malheureusement, il n’y a guère de
monde. Surveillance d’études et remplacements à l’occasion. Aide
à des élèves en difficulté (actuellement un groupe de 9 en mathématique).
Je consacre beaucoup de temps à 2 jumeaux qui n’ont jamais eu de père;
la cervelle de l’un d’eux est une éponge (!?)» (lettre au Frère
Visiteur). Au
fil des jours la santé du frère Auguste se dégrade. Après de
nombreux examens, les médecins diagnostiquent la maladie de Paget
(maladie du système osseux qui génère toutes sortes de malaises).
C’est cette maladie qui contraint Frère Auguste à gagner la Maison
de retraite ( Villeneuve d’ Ascq ), après 59 ans de présence à
Boulogne. 59 ans!!! Quand
les confrères taquinent le Frère Auguste sur la durée de ce séjour,
il répond avec son humour caustique, qu’il y a 3 raisons: « d’abord,
il n’était pas présentable dans les autres maisons - et puis, pas
digne d’être envoyé au Second Noviciat - et enfin pas capable d’être
directeur... et tant mieux... je ne regrette rien ». Les Boulonnais non plus! Tel
qu’en lui-même enfin (1992-2001) Le
Frère Auguste trouve facilement sa place à la Maison St Jean. Pas
seulement à la Chapelle où il est assidu aux offices, mais dans le jeu
des relations. Les frères aiment lui rendre visite, Il se montre
souriant et enjoué, grincheux quand il souffre. Lucide et même
critique; gouailleur à l’occasion. Il a un don de sympathie qui n’échappe
ni au personnel, ni aux personnes de l’extérieur. Sa
famille, ses anciens ne l’oublient pas. Le téléphone, surtout à
l’approche des fêtes, résonne souvent. Chaque courrier lui achemine
une dizaine de lettres, auxquelles il répond dans la journée. Ses
correspondants connaissent sa prodigieuse mémoire. Aussi ne signent-ils
pas leurs lettres. Ils indiquent seulement leur date de naissance:
1-4-56, 2-9-36... etc... convention curieuse dont Auguste est fier. Pour
lui, chaque ancien est une personne, un visage dans une promotion, une
histoire au collège et dans la vie. On songe au mot du prophète: «
Ton nom est inscrit dans la paume de ma main. » (Is. XLV, 16). Sa
présence religieuse auprès des anciens et des élèves revêt un
caractère classique, un peu traditionnel, anime de fortes convictions,
et qui ne détonne pas dans le milieu. Il se méfie des « nouveautés
». L’annuaire
des Anciens, qu’il remet à jour, lui retrace sa carrière S’il a
tiré de l’ornière beaucoup de ”paumés”, il a aussi suscité des
vocations: 4 Agrégés de mathématiques, 7 ou 8 Ingénieurs, des
Patrons de pêche, des journalistes (le Rédacteur en chef d’un grand
Régional, un journaliste au ”Monde”). Citons,
pour conclure, ce mini-portrait «
Frère Auguste fut surtout un formateur d’hommes.
Frère Jacques SERLOOTEN Villeneuve d’ Ascq, le 5 mai 2002 . |
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