Mémoire sur

 

Avec le précieux 
document fourni
par M. Jean Fichon.
Vice Président de l'Amicale




 

FRERE Jean-Marie BRAE MS



Né le 13 janvier 1920 à Hazebrouck
Décédé le 04 décembre 1987 à Boulogne sur mer
en la 50e année de profession religieuse.


Cette notice se voudrait simplement faire l'écho de multiples témoignages d'anciens élèves, amis et marins devenus patrons de pêche, mécaniciens, radios, grâce au dévouement de frères qui, à la suite de Saint Jean Baptiste de la Salle, ont travaillé, bien souvent dans l'ombre, à la promotion sociale et chrétienne de jeunes et moins jeunes.
Car il est finalement très difficile de tracer le parcours spirituel d'un confrère avec qui l'on a vécu et qui ne laisse de traces, vu son effacement, qu'après son absence. Cependant, permettez-moi de résumer en peu de lignes la vie de notre Frère Jean-Marie !



Un sourire.

Un sourire ne coûte rien et produit beaucoup.
Il enrichit ceux qui le reçoivent
Sans appauvrir ceux qui le donnent.
Il ne dure qu'un instant
Mais son souvenir est parfois éternel.
Personne n'est assez riche pour s'en passer,
Personne n'est assez pauvre pour ne pas le mériter.
Il crée le bonheur au foyer, soutient les affaires,
Il est signe sensible de l'amitié,
Un sourire donne du repos à l'être fatigué,
Rend du courage aux plus découragés !
Il ne peut ni s'acheter, ni se prêter, ni se voler,
Car c'est une chose sui n'a de valeur 
Qu'à partir du moment où il se donne.
Et si quelquefois vous rencontrez une personne 
Qui ne sait plus avoir le sourire 
Soyez généreux, donnez-lui le vôtre
Car nul n'a autant besoin d'un sourire
Que celui qui ne peut en donner aux autres !


A la messe des funérailles, l'Abbé Jean-Baptiste Gournay, cousin du regretté Frère Pierre Ledoux, prononça comme mot d'introduction :

Au premier dimanche de l'Avant, le Frère Jean-Marie avait entendu et peut-être médité, ces paroles de Jésus : " Veillez, car vous ne savez pas quand le Maître reviendra ". Il peut arriver à l'improviste.
Et, en effet, pour notre Frère, le Seigneur est venu, alors que rien ne lui laissait prévoir.
Frère Jean-Marie était prêt. Il vivait avec et pour le Seigneur ; par la prière et la méditation, par la fréquentation habituelle des sacrements, l'Eucharistie reçue, comme tous les jours, au matin même de sa mort, et la Pénitence qu'il recevait régulièrement, par l'accomplissement de la Volonté de Dieu et le dévouement aux autres.

Sa mort rapide, foudroyant, plonge sa petite communauté du Portel, ainsi que sa famille et tout l'institut des Frères des Ecoles Chrétiennes dans le deuil et la consternation. Cette mort est un choc dur, très dur ! Elle interpelle notre foi : la vie est fragile, elle tient à un fil.
Vous êtes venus, mes frères, d'abord pour lui, le frère Jean-Marie, en témoignage de la reconnaissance que nous lui devons tous, et pour, tous ensemble, de tout notre coeu, le recommander à Dieu Notre Père.
Vous êtes venus aussi pour témoigner votre sympathie aux membres de sa famille naturelle, qui affectionnaient leur frère, leur oncle, aux membres de sa famille religieuse, aux frères des écoles chrétiennes, en particulier au cher frère Pierre, au cher frère André -son ancien professeur - au cher frère Serge.
Nous allons prendre le temps du recueillement, de la prière, de la réflexion. Nous écouterons les paroles qui vont nous être dites, paroles d'hommes ou paroles venues de Dieu, qui nous parlent de la mort, mais de la mort toujours dépassée par la vie !

Voici l'homélie prononcée par le même Abbé Jean-Baptiste Gournay, ancien élève de l'Ecole Saint Joseph de Le Portel.

Habitants de Le Portel, nous avons été douloureusement surpris en apprenant vendredi dernier que le frère Jean-Marie, qui le matin même, participait comme tous les jours à l'Eucharistie, avait eu un malaise sur la place de l'église, alors qu'il faisait ses courses pour les besoins de la Communauté et que son état fut tout de suite jugé très grave et alarmant.
Transporté d'urgence à l'hôpital de Boulogne et placé en réanimation, il ne reprit pas connaissance et décédait dans la soirée.
A l'annonce de son décès, aux premières heures du samedi, toute la population fut profondément attristée. Et dimanche, aux messes paroissiales, c'est de tout leur cœur reconnaissant, que les fidèles le recommandèrent au Père de miséricorde.

Pour cette homélie que le Frère Directeur de l'Ecole Saint Joseph m'a demandé de faire, sans doute au titre d'ancien élève de l'école, je m'inspire de deux articles parus dans le bulletin des anciens " L'AMICAL ".

Sa Vie

Jean-Marie BRAEMS naquit à Hazebrouck, le 13 janvier 192. Le baptême le fit Enfant de Dieu, et le mit sur le chemin de du Christ, qu'il devait suivre en répondant à son appel pour le service des enfants.
A l'Ecole d'Hazebrouck, il reçut des chers frères, instruction et éducation chrétiennes, et fut témoin de la vie de dévouement des disciples de saint Jean-Baptiste de La Salle. Après l'école d'Hazebrouck, le jeune Jean-Marie continue sa formation près des frères de La Malassise.
A dix-huit ans, il décroche le diplôme d'enseignement et se voit confier un groupe d'enfants à l'école de Boulogne, en septembre 1939. 
A partir de 1940, la guerre et ses péripéties le font naviguer ça et là, de Cherbourg à Rennes ; puis, réfractaire au Service du Travail Obligatoire, à l'école d'Arras. Ce sera ensuite Laventie et Arques, avant d'échouer et s'amarrer au Portel, le 13 janvier, pour une longue période de plus de quarante années !
Il se donnera avec toute sa compétence aux petits Portelois pour l'obtention du Certificat d'Etudes Primaires, et, le soir, à la fin de certaines journées de classe, aux jeunes et aux adultes, pour des cours de pêche organisés par l'association " Le Flobart ". Combien de patrons de pêche lui doivent, avec le Frère Pierre Ledoux, leur diplôme, grâce aux calculs nautiques et à la lecture des cartes marines.
Ainsi le Frère Jean-Marie consacre toute sa vie aux petits et aux besogneux selon les normes imposées par Saint Jean-Baptiste de La Salle !
Arrivé à l'age de la retraite, il ne resta pas inactif : il assure les remplacements scolaires, surveille la cantine, les récréations, il enseigne le catéchisme en CM1, il porte la communion aux malades et aux vieilles personnes de la paroisse, il s'occupe du secrétariat de l'Amicale. Tout cela dans un esprit de service, de dévouement et d'apostolat.
Le 9 novembre 1986, il y a un peu plus d'un an, les communautés du Portel et de Boulogne fêtaient le Frère Jean-Marie pour ses cinquante ans de donation à dieu, de vie communautaire, d'accueil fraternel des enfants et ses quarante années de présence au Porte 

Qui dit " vocation à la vie religieuse ", indique un appel de Jésus-Christ :

" Viens, suis-moi ".
" Viens, suis-moi " dans la prière : deux heures par jour de messe, d'office, de méditation.
" Viens, suis-moi " dans le service des autres, l'enseignement et l'éducation des enfants.
" Viens, suis-moi " jusqu'à ce vendredi 4 décembre où le Seigneur a rappelé à Lui le Frère Jean-Marie pour la contemplation éternelle.

Celui qui a toujours reconnu Dieu pour son Seigneur, en lui-même ou en la personne des plus démunis, peut paraître avec confiance devant Lui.
Celui qui ne vit pas pour soi-même, mais pour le Seigneur, et pour les autres, appartient vraiment au Seigneur, dans sa vie, et jusque dans sa mort.
La mort est toujours douloureuse, c'est vrai, mais elle n'est qu'un passage, elle est un passage vers une autre vie.

Nous franchissons un seuil pour une autre rencontre avec Dieu Notre Père. Nous sommes introduits dans son intimité d'amour.
Nous pouvons connaître enfin ce Dieu qui nous aime et qui nous appelle à vivre pour toujours avec Lui. Le Pape Jean XXIII, à la fin de sa vie, disait : " Je pars pour un pays où on ne parle qu'une langue, celle de l'amour ".

L'Evangile disait : " Celui qui se fera petit comme un enfant, c'est celui-là qui est le plus grand dans le royaume des Cieux ".
Dans la maison du Père, ceux qui entrent en premier sont ceux qui se font un cœur d'enfant, c'est-à-dire un cœur rempli de confiance, un cœur simple et pur, un cœur qui n'est pas encombré, parce qu'il a misé sa vie sur des valeurs sûres, qui ne sont pas celles qui brillent le plus, une vie qui va à l'essentiel, à ce qu'on accueille bien qu'avec un cœur d'enfant.

L'essentiel, c'est de se savoir aimé de Dieu. L'essentiel, pour Frère Jean-Marie, n'est-ce pas la qualité de son amour surnaturel ? C'est cela qui est impérissable et c'est cela que dieu veut faire vivre pour toujours.

Au-delà de la mort, Dieu recrée toutes choses et le corps même de chacun de ses enfants, dans la nouveauté éternelle de son Amour.
Dans cette espérance, nous sommes invités, frères et sœurs, à offrir tout ce qui a constitué la vie du cher Frère Jean-Marie :

Sa vie consacrée au Seigneur,
Sa vie au service des enfants,
Sa foi bien encrée, une foi solide, pleine de confiance, fidèle, à toute épreuve,
Son affectueux attachement aux membres de sa famille, à ses frères en religion.

Sachons offrir aussi les efforts de dévouement des Frères des Ecoles Chrétiennes et de tous les religieux et religieuses du monde, et encore la peine de tous ceux qui affectionnaient Frère Jean-Marie et qui lui gardent une profonde reconnaissance. Tout cela, le Seigneur l'accueille. Qu'il accueille aussi notre frère que nous confions à sa tendresse et à sa bonté.

Témoignage d'un confrère qui fut son professeur avant de vivre avec lui, plus de vingt-cinq ans, en communauté, à Le Portel.

Je ne voudrais pas blesser la modestie du Frère Jean-Marie, ni lui jeter des fleurs. Je me permets simplement quelques menus faits.

La table de multiplication et le calcul n'étaient pas son fort à son entrée à l'école Saint Joseph d'Hazebrouck. Il y arriva grâce aux coups de règle sur les doigts.
Je passe sous silence la fugue de l'école buissonnière !
A seize ans, c'est l'entrée au Noviciat des Frères sous l'impulsion de l'Esprit-Saint - et pour suivre l'exemple de ceux qui lui tracèrent le chemin sans le savoir - c'est le transcripteur qui ajoute.
Après deux années de stage de formation accélérée et l'obtention du pénible Brevet d'Enseignement, le voilà à dix-huit ans, régisseur d'une classe à Boulogne-sur-mer, comprenant déjà ce que disait le Pape, il y a cinquante ans, à des étudiants américains : " seule, l'école catholique ouvre le chemin de l'Eglise de Jésus-Christ ".

A trente-cinq ans , à Le Portel, il ingurgite les vingt-et-un calculs nautiques avec le Frère Pierre Ledoux pour s'adonner, après la classe, à la formation des futurs patrons de pêche.
La pratique lui est donnée sur divers chalutiers dont le célèbre " Colbert " si j'ai bon souvenir.

En finale de chaque année scolaire, ce fut la hantise du fameux certificat d'études… et la promesse de nombreuses bouteilles de Champagne. Elles sont encore en attente.
Après le périple d'évacuation en 1940 via l'Angleterre, manquée, Jean-Marie se retrouve à Nantes, Rennes, Arras, où il se reconnaît réfractaire au travail obligatoire -S.T.O.- en Allemagne. 


A la descente de la côte, rue du Maréchal Foch, un soir, le vélo Solex fait défaut. Le fémur doit être ressoudé à la clinique Houzel.

La colonie de vacances songeait à en faire un moniteur de ski, mais une plaque de verglas, sur la cour de récréation, un 1° décembre, fut l'occasion d'un nouveau séjour chez " Houzel ".
La jambe gauche gardera le souvenir de ces deux chutes !
Fini les chevauchées d'antan à travers la montagne. Enfin la retraite !
Le matin, leçon aux adultes de la marine. L'après-midi, les leçons de lecture aux 6-7 ans de l'école, les plus pauvres intellectuellement, et la responsabilité catéchistique en CM1. Les extrêmes se touchent.

Une quarantaine d'années à Le Portel

à raison de trente enfants en moyenne, cela fait mille deux cents enfants, si mes calculs sont bons. Et pour finir le bavardage, je souhaite au Frère Jean-Marie, la continuité dans la fidélité aux engagements renouvelés devant la Très Sainte Trinité !...
Fin de citation.

Cet engagement, il l'a tenu jusqu'au bout. Le Frère Jean-Marie est parti discrétement,sans bruit. Comme le disait si bien un enseignant de l'Ecole Saint Joseph de le Portel : " On peut toujours lui demander un service, il dit toujours OUI ". La pruve en est qu'il est mort " en service ", au service des enfants et de sa communauté.

D'anciens animateurs ou encore animateurs de la colonie de Servoz.

De Brest :
" Par le cœur, je serai avec vous à Villeneuve d'Ascq pour saluer une dernière fois Jean-Marie. On n'aime jamais assez ceux qu'on aime ".

D'Espagne :
" Il ressuscita le troisième jour après sa mort ! "
André, Pierre, Serge,
" Quand j'ai appris la nouvelle, j'ai pleuré. Mais le bonheur que connaît maintenant Jean-Marie, est immensément plus grand que la peine que nous cause sa mort "

De Calais :
" Ce sont les gens que l'on remarque par leur absence ; il était de ceux-là.
Jean-Marie n'est plus, son absence fait mal.
Disponible et discret, il était partout.
C'est samedi, quand je suis rentré, que j'ai appris sa mort. C'était la première fois, depuis bien longtemps, que j'ai vu pleurer mon père. C'est à chacun d'entre nous qu'il manque, à vous, à nous, mais aussi à de nombreuses autres personnes :
- Qui va faire le caté ?
- Si mon père est patron de pêche…

Ce ne sont que deux exemples qui, samedi, dans les propos des gens, montraient le bien qu'il fait.
Vous comme moi savons où il est aujourd'hui ; et là-haut, Jean-Marie apprend le Flamand aux Chinois. C'est sa nouvelle mission, c'est tout. Nous n'y pouvons rien.

C'est pourquoi, c'est plus pour vous que pour lui que j'écris. C'est dans les jours qui viennent que son absence se fera la plus douloureuse, dans les détails de la vie quotidienne. Qu'à chaque fois qu'une pensée triste vous vienne à l'esprit, transformez-la en sourire, remémoration du temps passé avec lui, à parler, à discuter, à plaisanter.
" La roue tourne, disais-tu, samedi, Pierre ! Tournons avec elle, restons sur le ring et luttons ; même si ce round est plus âpre que les autres. Réjouissons-nous pour luiet, nous, ici-bas, continuons notre mission ".

De Paris :
" Le Frère Jean-Marie restera le synonyme d'un grand nombre de détails qui font que la vie en groupe est facile. A Servoz, c'était le " facteur ", " les bonbons ", les chansons, les équipes de train et même il y a longtemps une partie de gendarmes et voleurs sur le Prarien. Au Portel, à l'école, je ne l'ai pas connu comme professeur, mais, chaque matin, il me serrait la main bien fort dans la cour. Et plein d'autres détails qui ne me viennent plus à l'esprit ou qui m'ont échappé à cause de sa discrétion ".

Témoignage de reconnaissance et d'amitié du Père Césaire Duval, Franciscain.
" Lorsque, en 1964, j'ai eu recours à l'Association "Le Flobart " pour prendre en charge l'édition du livre de généalogie " les ancêtres ", ma demande a été agréée avec bienveillance par tous les membres de l'Association. J'étais alors en Corse et il me fallait sur place, au Portel, un correspondant. Le Frère Jean-Marie a accepté cette fonction. C'est pratiquement qui a assumé les rapports avec les souscripteurs. Je n'ai eu qu'à me réjouir de sa précieuse collaboration. J'ai pu ainsi constater combien il connaissait et estimait la population qui savait lui témoigner aussi sa propre estime. La foule qui remplissait l'église du Portel au service célébré à sa mémoire n'en est-elle pas une preuve évidente ? Merci, Frère Jean-Marie ! ".

Du " Flobart "
" J'ai été infiniment triste en apprenant le décés subit de Frère Jean-Marie. Je l'aimais bien et comme toujours en pareille circonstance, combien on regrette que les liens tissés par l'amitié se soient quelque peu relâchés à cause des circonstances, de l'éloignement et on se dit : Mon Dieu, il est maintenant trop tard et je ne pourrai plus lui dire combien je l'estimais, combien j'aimais don sourire, discret, timide et combien il restait, pour moi, associé à tant de souvenirs, à la vie du " Flobart ", aux réunions lors de notre passage de huit années au Portel ! ".

D'anciens Elèves !

De Reims :
" Le très Cher Frère Jean-Marie aura su marquer ses nombreuses années passées au Portel, au sein de notre école, et laissera très certainement à beaucoup de monde -Jeunes et moins jeunes- que de très bons souvenirs. Nous lui devons beaucoup.
Homme de cœur, le Frère Jean-Marie s'est dépensé beaucoup pour nous.
L'Amicale des Anciens, l'Association " Le Flobart ", le camps de Servoz…
Il était toujours disponible.
J'aurai toujours en souvenir la route que nous avons faite ensemble tous les deux, pour aller vous rejoindre à Servoz, en juillet 1976. il ne savait que faire pour me remercier alors que c'était davantage à moi de lui dire merci, à lui bien sûr. En ces pénibles circonstances, les mots me manquent… ".

Du Trésorier de l'Amicale :

" Que d'événements en ce trimestre ! Est-ce pour nous éprouver, nous laïcs, que dieu vient nous prendre ces deux serviteurs de Servoz ? Ils sont partis sur la montagne céleste car de leur vivant, chacun se son côté a gagné son paradis.
Résumer la vie du Frère Jean-Marie ? Il s'effaçait petit à petit, sous un air bourru comme tout bon flamand. En décembre 1986, pensait-il déjà à son départ, car il nous écrivait : " sachez que dans quelques années, il n'y aura plus de Frères au Portel ". Quarante années de travail au service des autres ! Il ne savait pas dire non malgré les accros subis ces dernières années.
Quoi qu'en disaient certains : " Que faites-vous encore au Portel ? Vous êtes en retraite ! Maintenant que nos enfants ont une situation, votre présence est superflue ! ", il se rendait utile à la société sous quelque forme que ce fût. Intérimaire pour remplacer un instituteur malade, catéchiste, secrétaire d'associations, il encadrait même les moniteurs dans la traversée de Paris via Servoz, portait la communion aux malades, aux personnes agées et handicapées, tant bien que mal, malgré ses difficultés à marcher. A sein de l'Amicale, nous l'avons quelquefois bousculé. Malgré cela, il restait le même. Combien de fois ne l'ai-je pas entendu dire : " Je m'excuse ", pour une tâche qu'on lui avait confiée et qu'il avait complètement omis de faire. Comment nous serions-nous comportés à sa place dans sa souffrance phisique et aussi morale. Bien que n'étant pas pléniard - quand je lui demandais des nouvelles de sa santé, il répondait imperturbablement : Cela va très bien -. Ce qui l'offensait le plus, c'était le manque de reconnaissance de ces hommes qui sont aujourd'hui en haut du podium et qui lui doivent une fière chandelle. Il devait recevoir prochainement le Mérite Maritime.
Quand il venait me voir au silo à verre, il aimait me dire : " ça vate ? ", Quoi savate ? et nous pouffions de rire.

Pensez-vous que, là haut, il dira encore 27 et qu'il ouvrira son carnet de chants pour entonner :

La montagne était si belle
Que j'ai voulu la revoir.
Quand descend le soir,
Laisser-moi chanter
La chanson du souvenir !

J'ai laissé là-bas, dans mon beau pays,
J'ai laissé tous mes amis !
J'ai voulu partir et je suis parti
Une fin d'après-midi !

Au revoir, jean-Marie !

Tu nous as quittés, ce soir su 4 décembre, pour aller sur la " montagne ", là où Jésus se retira pour vivre avec le Père, dans la gloire.
Reste présent par ton sourire, ta gentillesse, ton sens du service !
Reste avec chacun d'entre nous, avec tes frères ! Qu'ils poursuivent le chemin tracé, au service des jeunes, surtout les plus défavorisés, à qui tu donnais le meilleur de toi-même !

   

 

Frère Jean-Marie BRAEMS
 
Décédé le 04 décembre 1987 
à Boulogne sur mer
en sa 67e année

et en sa
41e année de
Profession perpétuelle
(15 août 1946)


 
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