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Frère Gaston LOONIS
Gaston
LOONIS a vu le jour le 12 février 1911 à SAMER (62) dans une belle
famille du Boulonnais, riche de sept enfants. Deux d’entre eux se
consacrent au Seigneur dans la vie religieuse, une sœur chez les
Augustines de Paris, Gaston chez les Frères des Écoles Chrétiennes.
Élève
au Pensionnat de l’Écluse de 1920 à 1928, il fait partie des enfants
de chœur. Une photo d’époque le montre maniant l’encensoir, au
cours d’une procession. C’est au groupe des Enfants de Chœur
qu’il rencontre le Frère Jérôme, bientôt confident et
accompagnateur de son projet de vocation. Car Gaston souhaite devenir
religieux éducateur, comme ses maîtres.
A
17 ans, au terme de ses études secondaires, sans plus attendre, Gaston
entre au Noviciat de Saint Genois en Belgique. Il y prononce ses
premiers vœux le 7 octobre 1929.
Sa
formation sera brève. Et trois ans plus tard, à la rentrée de 1932,
il retourne au Pensionnat de l’Écluse, comme professeur de sixième.
« Son enseignement était précis et méthodique » rappelle
un de ses anciens élèves. C’est un jeune maître enthousiaste, plein
de bonne humeur, passionné par ce qu’il fait. Entre autres activités,
il forme ses élèves au théâtre. Chaque année sa classe interprète
une de ces petites opérettes qui font la joie des institutions et des
patronages. "Le Chat Botté", "Le Marchand
d’automates" … Aux répétitions, il se démène sur les
planches, interprète successivement tous les rôles, communique sa
flamme aux acteurs. La représentation est son jour de gloire.
C’est
à l’Écluse qu’il fera sa profession perpétuelle le 18 août 1936.
Septembre
1939 met un terme à cette heureuse période. Après un court intermède
militaire, démobilisé, Gaston regagne Saint-Omer. Une obédience l’y
attend pour la communauté de Boulogne.
Pendant
l’occupation
Les
Allemands occupent la plus grande partie de l’École Godefroy de
Bouillon, à l’exception de quelques classes. Les Frères logent dans
la cave. Les classes continuent cependant dans la petite école voisine.
La
communauté déménagera quatre fois et dans quelles conditions !
Classe, cantine, communauté se trouvent en des lieux différents. On
marche beaucoup, matin, midi et soir.
De
42 à 44, Boulogne essuiera 490 bombardements. Les déplacements ne se
font pas sans risque. Parfois une alerte oblige le groupe à s’abriter
dans les caves les plus proches.
Les
jours sont perturbés et les nuits plus encore. Le Frère Visiteur hésite
à se rendre à Boulogne pour voir les Frères ; il délègue un
collègue intrépide : le Frère Vincent.
Mais
sous aucun prétexte, les trois Frères de la communauté, Henri DUVET,
Directeur, Auguste BARBAUT, Gaston LOONIS, n’abandonneraient leur
poste.
En
février 1944, les Allemands décident l’évacuation des civils …
L’école est fermée quelques jours, mais les Frères remarquent que
certains élèves se réfugient avec leur famille à COLEMBERT. Ils décident
d’y reprendre les cours dans les locaux de fortune ou dans les
prairies non loin des poteaux ROMMEL.
Le
Frère Auguste présente six élèves à la session du Brevet qui se
tient à DESVRES, en juin 44. Tous les six sont reçus.
En
1945, à la Libération, Gaston reçoit une obédience pour LAVENTIE où
il sera enseignant une année avant de prendre la direction pour trois
ans. Une autre obédience l’envoie en 1949 à BOURBOURG également
pour assurer la direction. Une troisième, en 1951, le conduit à LA
BASSEE où il tiendra sa classe. Mais on le réclame à BOULOGNE.
En
1953, il inaugure un nouveau bail. Du second séjour, on retiendra les
activités théâtrales. Il faut de l’argent pour réaménager les
classes, payer les maîtres, faire vivre l’école. On organise des
Kermesses. Le Frère Gaston se charge surtout de la partie théâtrale.
Lui-même déclame volontiers et avec beaucoup de naturel.
De
jeunes anciens seront le noyau de sa troupe. Ils interprètent des comédies
gaies : "Madame Sans Gêne", "Ces Dames au chapeau
vert". Ils font salle pleine ; on les invite à l’extérieur.
En
juin 1968, Gaston arrête la classe. Il sera alors surveillant, catéchiste,
responsable des Professions de Foi. Ce n’est qu’en 1982 qu’il
prend vraiment sa retraite et rejoint SAILLY-FLIBEAUCOURT dans la Somme.
Si l’on ajoute son premier passage à BOULOGNE, il aura passé
trente-cinq ans dans cette ville.
Le
Frère Gaston passera onze années à SAILLY. Il laissera un très bon
souvenir dans cette localité. Il y était très aimé. Pendant une
longue période, il portera la communion chaque matin à une voisine
grabataire. Il était très aimable avec les habitants et était très
assidu aux réunions du M.C.R. (Mouvement Chrétien des Retraités) où
son avis était sollicité et reçu avec respect et cordialité. Il se
montrait très affable avec tous et révélait en toute circonstance une
"bonne éducation". Ses rapports avec le clergé local étaient
également excellents. Il aimait beaucoup jouer aux cartes et il
invitait volontiers un ancien curé de SAILLY pour de longues parties de
manille. Il s’adonnait aussi au jardinage mais sa mauvaise vue pouvait
en limiter la qualité. Dans la communauté, il souffrira de quelques
relations tendues avec des collègues un peu difficiles ou en marge.
La
santé de notre confrère se dégradant peu à peu – il lui arrive de
s’évanouir à la fin d’un repas ou de tomber en se promenant – le
Frère Robert CHOUIN, Directeur de la communauté le conduit à ANNAPPES
pour les soins qui deviennent nécessaires. Nous sommes en 1993.
La
maison Saint-Jean lui permettra de passer trois bonnes années mais,
avec le temps, il perd ses repères et ne sait plus très bien où il
est. Il bénéficie avantageusement des soins des personnels en cette
fin de vie où il est de moins en moins conscient.
Portrait
Voici
quelques propos qui résument les grandes lignes d’un portrait.
Ses
compagnons de route le décrivent ainsi : confrère toujours
souriant, qui ne se prend pas au sérieux, ne parle jamais de lui ;
un maître aimé des élèves et de ses anciens, estimé de son
entourage ; ayant le don de créer des relations.
Ils
ajoutent : religieux fidèle à la prière, marqué par la
spiritualité de Marthe ROBIN et qui faisait chaque année retraite au
"Foyer de Charité" du COURSET.
Notre
Frère Gaston LOONIS s’est éteint à la Maison Saint-Jean le 29 décembre
1996. La célébration des funérailles où se mêlent grégorien et
chants plus récents a lieu en l’église Saint Sébastien d’
Annappes le vendredi 3 janvier 1997. Il s’agit d’une eucharistie
d’action de grâce pour cette longue vie donnée au Seigneur.
Frère RUBIN
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