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La
jeunesse de Frère Auguste Barbaut n’a pas été facile. Son père est
mort à l’âge de 40 ans. Auguste et son frère, Léonce, ont d’abord
été confiés aux religieuses de Bonnclinghem, entre Calais et St.Omer.
Quelques années plus tard, le jeune garçon entrait au Petit Noviciat
de la Malassise. Auguste a été l’une des premières recrues de cette
maison. Dès le début, il se révèle ouvert, intelligent, avide
d’apprendre, un peu turbulent, mais sympathique et attachant.
Le temps de formation sera bref, suivant les usages de l’epoque.
Noviciat canonique d’un an. Neuf mois de scolasticat. Puis la
communauté, l’ École, la classe.
Mais le jeune enseignant n’en
restera pas là,
A Dunkerque, où il professe dans une petite classe, il
étudie, le soir, à l’aide d’une bougie cachée par la porte de son
armoire (les lumières étant interdites après 21 heures), il prépare
le brevet supérieur.
Réussite rapide qui sera le point de départ
d’autres études, d’autres succès.
1934, Les supérieurs décident d’ouvrir a Boulogne-sur-Mer une école
attendue depuis longtemps par la population. Ce sera ”Godefroy de
Bouillon”.
Deux jeunes frères accompagnent le Frère Henri Duvet,
nouveau Directeur.
Auguste inaugure alors un bail qui ne sera
interrompu que par la guerre et la retraite.
Accueil chaleureux de la
population avec 1’encouragement des supérieurs, et malgré
l’incertitude sociale et politique, les Frères de Boulogne reprennent
le costume religieux. Auguste montre une grande détermination; il
poursuit dans la rue, les gamins qui osent le «couacquer. Le souvenir
de ce coup d’audace, vécu comme une quête et une revanche, explique
en partie l’attachement du Frère Auguste à un habit qu’il ne
quittera plus, même après les années post conciliaires.
Mobilise au début de la guerre en 1939, il est démobilise après
1’armistice. Frère Auguste et le Frère Loonis rejoignent alors leur
directeur réfugié dans la campagne boulonnaise, et les 3 compagnons
cherchent à remettre en route une école.
Les locaux de”Godefroy”
sont pratiquement en ruines. On trouve 3 locaux assez distants l’un de
1’autre.
Peu importe!
Quant à la Communauté, après plusieurs
essais, elle trouve finalement à se loger rue du Puits d’Amour.
Au cours des années l940 à 1944, les bombardements anglais se
multiplient, de jour et de nuit. Les Frères sont restes fidèles à la
population et n’ont pas quitte la ville. Après la guerre ”
Godefroy” reconstruit, connaît une période d’extension et de prospérité.
Le Frère Auguste, professeur de 3e prépare essentiellement des
promotions de brevets et occasionnellement des bacheliers, des candidats
aux écoles professionnelles de futurs patrons de pêche.
Ses cours de religion, animés d’une grande conviction, revêtent un
caractère classique, un peu traditionnel, conforme aux attentes du
milieu. En 50 ans d’exercice, les ”Anciens” se multiplient, ils
sauront exprimer leur reconnaissance. L’amicale est un des fleurons de
l’ école, active en toutes circonstances, pas seulement pour les
kermesses; on a I’occasion de l’ expérimenter en 1984.
Un chalutier moderne recevra le nom de ”Jean-Baptiste de la Salle”
hommage aux frères, surtout a ceux de Boulogne. Tente par les récits
des marins, Frère Auguste décide de faire pendant les vacances
plusieurs ”marées” (pêche) avec des amis, 8 jours, 15 jours
parfois. A bord, Auguste n’est pas un touriste mais un simple marin.
Sa force physique le lui permet. Il ignore le mal de mer. Le grand vent
1’exalte.
En retraite à partir le 1976, le Frère Auguste rend bon nombre de
services, catéchèse, remplacements, secrétariat de l’ Amicale, ce
fut une retraite active, En l992,1’entrée à la Maison de
retraite à Villeneuve d’ Ascq s’impose. La maladie de Paget
progresse, mais il reste courageux, souriant. Chaque jour, le téléphone
apporte une douzaine de lettres auxquelles il répond. Le téléphone
sonne, surtout à proximité des fêtes, avec une fréquence qui
surprend les voisins de chambre.
En communauté, il tient sa place; pas seulement à la chapelle. Chacun
aime lui communiquer quelques impressions, qu’il reçoit avec sourire
et souvent causticité. Il a un don de sympathie qui n’échappe ni au
personnel ni aux gens de l’extérieur.
L' Un de ses Anciens le décrit en ces termes auxquels
confrères, amis,
anciens souscriraient volontiers:
”Frère Auguste fut surtout un
formateur d’hommes,
enseignant l’exigence, la droiture, la curiosité
et la jeunesse d’esprit”
(Michel Chemin)
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