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CRÉATION DU MONDE
Dieu créa le monde en six jours. Le 1er jour il créa la lumière ; le 2e, le firmament ; le 3e, la terre, la mer et les plantes ; le 4e, le soleil, la lune et les étoiles; le 5e, les poissons et les oiseaux; le 6", les animaux et l'homme.
Dieu créa le monde en six jours, c'est-à-dire en six longues périodes, qui durèrent des milliers d'années. Créer signifie tirer du néant.
Au commencement, Dieu créa le ciel et la terre. Il dit ensuite : « Que la lumière soit », et la lumière fut. Puis il sépara la lumière des ténèbres, donna à la lumière le nom de jour, et aux ténèbres le nom de nuit. C&fut l'œuvre du premier jour de la création.
Le second jour, Dieu créa le firmament qu'il appela ciel.
Le troisième jour, Dieu dit : « Que les eaux qui sont sous le ciel se rassemblent en un seul lieu, et que la partie aride paraisse » ; il donna à la partie aride le nom de terre, et aux eaux rassemblées le nom de mer. A la voix de Dieu, la terre se couvrit de plantes verdoyantes et d'arbres qui portaient des fruits chacun selon son espèce.
Le quatrième jour, Dieu fit le soleil, la lune et les étoiles.
Le cinquième jour, Dieu créa les poissons et les oiseaux.
Le sixième jour, Dieu fit produire à la terre toutes les espèces d'animaux
qui devaient la peupler ; ensuite il dit : « Faisons l'Homme à notre image et à notre ressemblance, et qu'il commande aux poissons de la mer, aux oiseaux du ciel, aux bêtes et à toute la terre.
FORMATION DE
L'HOMME ET DE LA
FEMME
Adam fut formé du limon de la terre ;
Ève, d'une côte d'Adam.
Dieu forma le corps de l'homme du limon de la terre, et lui communiqua la vie, en lui donnant une âme raisonnable, capable .de connaître, de vouloir et d'aimer.
Pour donner une compagne à Adam, le premier homme, Dieu lui envoya un sommeil mystérieux pendant lequel
il tira une de ses côtes et en forma la première femme, qui fut nommée Ève, c'est-à-dire mère des vivants.
Dieu bénit l'union d'Adam et d'Ève en leur disant : « Croissez et multipliez-vous ; remplissez la terre et vous l'assujettissez. » C'est ainsi que fut fondée la première famille», d'où est sorti tout le genre humain.
REPOS DE DIEU.
Le septième jour, Dieu se reposa.
Le septième jour Dieu cessa de produire de nouvelles créatures ; il bénît et consacra ce jour.
C'est pour rappeler et honorer ce repos de Dieu que le sabbat fut institué dans l'ancienne loi, et le dimanche dans la loi nouvelle.
ADAM ET
ÈVE
Le
paradis terrestre était un jardin délicieux où se trouvaient l'arbre de vie et l'arbre de la science du bien et du mal.
Le paradis terrestre était un jardin délicieux situé en Asie, à l'orient de la Palestine actuelle.
Après avoir créé Adam et Ève, Dieu les plaça dans ce jardin, qu'ils devaient cultiver. Mais ce travail n'était pas pénible, car Adam ne devait ni souffrir, ni mourir, et il n'avait aucun penchant au mal. Tous ses descendants devaient jouir des mêmes avantages. ,'
Parmi les arbres de ce jardin, on distinguait l' arbre de vie, dont le fruit aurait empêché les hommes de vieillir et de mourir ; et l'arbre de la
science du bien et du mal, qui fut l'objet de l'épreuve.
DÉSOBÉISSANCE D'ADAM ET
D'ÈVE
Ève, tentée par le serpent, mangea du fruit défendu, et en porta à Adam qui en mangea pareillement.
Adam et Ève, créés justes et immortels, étaient destinés .à vivre heureux dans le paradis terrestre, s'ils demeuraient soumis aux ordres de leur Créateur.
Pour les éprouver, Dieu leur, fit ce commandement : « Nourrissez-vous de tous les fruits du jardin ; mais ne touchez pas à celui de l'arbre de la science du bien et du mal ; car si vous en mangez, vous mourrez certainement. » Le démon, déchu de l'état heureux dans
lequel il avait été créé avec tous les anges, fut jaloux de la félicité de nos
premiers parents. Il entreprit de les rendre infidèles, afin de les rendre malheureux.
Il prit la forme du serpent, qui n'avait alors rien d'effrayant, car tous les animaux
furent soumis à l'homme tant que celui-ci resta fidèle à son Créateur.
Il dit à la femme : « Pourquoi Dieu ne vous a - t - il pas permis dé manger du fruit de tous les arbres dé ce jardin ? »
Ève lui répondit : « Nous mangeons du fruit de tous les arbres, excepté de celui qui est au milieu du jardin ; Dieu
nous a défendu d'en manger et d'y toucher, de peur que nous ne mourions. »
« Vous ne mourrez point, reprit le serpent ; mais le jour où vous aurez mangé de ce fruit, vos yeux s'ouvriront, et vous serez comme des dieux, connaissant le bien et le mal. »
La femme, considérant la beauté de ce fruit, en prit et en mangea ; elle en porta ensuite à Adam, qui en mangea comme elle. Aussitôt leurs yeux furent ouverts : ils connurent qu'ils étaient nus, et ils entrelacèrent des feuilles de figuier pour se couvrir.
SUITES DE LA DÉSOBÉISSANCE D'ADAM ET
D'ÈVE.
En punition de leur désobéissance, Adam et
Ève furent chassés du paradis terrestre, et condamnés à manger leur pain à la sueur de leur front ; ils devinrent sujets à l'ignorance, à la concupiscence, à la douleur, à la mort et furent exclus du bonheur
du ciel. Leurs descendants furent condamnés aux mêmes misères qu'eux. Mais Dieu eut pitié de l'homme et lui promit un Sauveur.
Adam et Ève, devenus prévaricateurs, entendirent le Seigneur qui s'avançait dans le jardin, et -ils se cachèrent parmi les arbres pour éviter sa présence.
Dieu appela Adam et lui dit : « Où es-tu ? »
Adam répondit : « J'ai entendu votre voix, j'ai eu peur et je me suis caché, parce que j'étais nu. »
« Comment as-tu appris que tu étais nu, repartit le Seigneur, sinon parce que tu as mangé du fruit de l'arbre dont 'je t'avais défendu de manger ? »
Mais, au lieu d'avouer sa faute, Adam s'excusa en la faisant retomber sur Ève
« C'est, dit-il, la femme que vous m'avez donnée pour compagne qui m'a présenté de ce fruit, et j'en ai mangé. »
Dieu dit ensuite à Ève : « Pourquoi as-tu fait cela ? »
Elle répondit : « Le serpent m'a trompée. »
Le Seigneur maudit d'abord le serpent, et lui annonça que la femme lui écraserait la tête par
celui qui naîtrait d'elle, c'est-à-dire par le Messie ou Sauveur.
Il dit à la femme qu'il multiplierait ses maux et ses chagrins sur la terre.
Enfin il dit à Adam : « Parce que, trop docile à la voix de ton épouse, tu as mangé du fruit défendu, la
terre sera maudite en tes ouvrages ; tu ne mangeras du pain qu'à la sueur de ton front, jusqu'à ce que tu retournes dans la terre d'où tu as été tiré ; car tu es poussière, et
tu retourneras en poussière. »
Adam et Ève furent alors chassés du paradis terrestre et commencèrent à subir tous les maux dont Dieu les avait menacés en punition de leur désobéissance. Ils devinrent sujets à l'ignorance, à la concupiscence, c'est-à-dire au penchant au mal, à la douleur, à la mort,
et furent exclus du bonheur du ciel. Leurs descendants furent condamnés aux mêmes misères qu'eux.
C'est ainsi que la mort est entrée dans le monde par le péché d'un seul, et que nous naissons tous coupables du péché originel.
Cependant Dieu n'abandonna pas l'homme après son péché : il lui promit un Rédempteur. Dès lors le Messie fut l'espoir et le salut du genre humain.
CAÏN, ABEL ET SETH
CAÏN ET
ABEL.
Jaloux de son frère Abel, Caïn se jeta sur lui et le tua.
Les deux premiers enfants d'Adam furent Caïn et Abel. Caïn cultivait la terre, et Abel élevait des troupeaux. Ils offraient l'un et l'autre des sacrifices à Dieu ; mais Caïn était méchant, et Dieu rejetait ses offrandes, tandis que les dons d'Abel lui étaient agréables.
Caïn s'aperçut de cette différence, il en conçut une sombre jalousie. « Pourquoi, lui dit le Seigneur, ce chagrin et cet abattement ? Si tu fais le bien, n'en
seras - tu pas récompensé, et si tu fais le mal, n'en porteras-tu pas le châtiment ? »
Caïn méprisa cette paternelle remontrance. Un jour, pour satisfaire sa haine, il proposa une promenade à Abel ; lorsqu'ils furent dans la campagne, il se jeta sur lui et le tua.
A peine Caïn eut - il commis ce crime, qu'il en fut épouvanté et prit la fuite.
Le Seigneur lui dit alors : « Où est
ton frère Abel ?».
Il répondit : « Je. n'en sais rien ; suis-je le gardien de mon frère ?.
Qu'as - tu fait ? reprit le Seigneur : le sang de ton frère, que tu as répandu, crie vers moi, et appelle ma vengeance : tu seras maudit et vagabond sur cette terre qui a bu le sang d'Abel. »
DESCENDANTS DE CAÏN ET DE SETH.
Les descendants de Caïn furent appelés enfants des hommes, et ceux de Seth, enfants de Dieu.
Les descendants de Caïn furent méchants comme lui, et sa race est désignée dans l'Écriture sous le nom d'enfants des hommes.
Après la mort d'Abel, Adam eut un troisième fils nommé Seth. Ses descendants méritèrent le nom d'enfants de Dieu tant qu'ils imitèrent les vertus de leur père.
LES PATRIARCHES
Les Patriarches
les plus illustres jusqu'à Noé furent Ënos, Hénoch et Mathusalem.
On donne le nom de patriarches aux personnages illustres et vertueux qui
furent chefs de famille depuis Seth jusqu'à Moïse.
Les principaux patriarches jusqu'à Noé furent Ënos, Hénoch, Mathusalem
et Lamech père de Noé.
Ënos établit quelques cérémonies dans le culte que les hommes rendaient
à Dieu pour lui offrir leurs hommages, obtenir ses grâces, et mériter le
bonheur éternel.
Hénoch, après avoir donné l'exemple de toutes les vertus, fut enlevé du
monde, où il doit revenir vers la fin des temps pour travailler à
convertir les nations.
Mathusalem vécut 969 ans ; c'est le plus grand âge qu'un mortel ait
jamais atteint.'
Avant le déluge, les hommes vivaient très longtemps, ce qui servit à
peupler plus rapidement la terre, et à conserver intactes les vérités
révélées par Dieu dès l'origine.
NOÉ ET LE DELUGE
CORRUPTION DU GENRE HUMAIN. — Les descendants de Seth étant
devenus méchants comme les enfants de Gain, Dieu résolut de tout faire
périr par un déluge ; mais Noé trouva grâce devant Dieu.
Les descendants de Seth conservèrent la crainte de Dieu tant qu'ils
restèrent séparés des enfants de Caïn ; mais s'étant alliés avec eux,
ils abandonnèrent le Seigneur et commirent toutes sortes de crimes.
Les péchés des hommes montèrent à leur comble, et Dieu résolut de tout
faire périr, depuis l'homme jusqu'aux animaux, par un déluge universel.
Noé, fils de Lamech et petit-fils de Mathusalem, était resté juste, au
milieu de la corruption générale. 11 trouva grâce devant Dieu, qui lui
commanda de construire une arche pour y être conservé avec sa famille et
les animaux destinés à repeupler la terre.
L'ARCHE ET LE DÉLUGE.
— Noé mit cent ans pour construire l'Arche. Sur l'ordre de Dieu, il
s'y enferma avec sa famille et les animaux destinés à perpétuer leur
espèce. Alors la pluie tomba durant 40 jours et 40 nuits et la terre
resta submergée pendant 150 jours. Noé lâcha un corbeau, puis une
colombe, mais il ne sortit de l'arche que lorsque Dieu le lui commanda.
L'arche de Noé était un énorme bâtiment en bois, construit pour être
porté par les eaux. Dieu en donna lui-même le plan à Noé, qui employa
cent ans à l'exécuter. Elle avait 300 coudées (1) de longueur, 50 de
largeur, 30 de hauteur; elle était divisée en trois étages
distribués en compartiments.
Dieu commanda à Noé d'entrer ' dans l'arche avec sa famille, et d'y
enfermer des animaux de chacune des espèces exposées à périr par le
déluge. Les ordres du Seigneur ayant été exécutés, toutes les eaux
débordèrent, et la pluie tomba pendant 40 jours et 40 nuits, avec une
telle violence, que l'inondation dépassa de 15 coudées les plus hautes
montagnes.
La terre resta submergée pendant 150 jours. Dieu fit alors souffler un
grand vent qui commença à faire diminuer les eaux, et, 7 mois après le
commencement du déluge, l'arche se reposa sur les montagnes de l'Ararat,
en Arménie. (
recherche sur Internet
)
Lorsque les eaux eurent suffisamment baissé, Noé, voulant s'assurer si
la terre était sèche, lâcha un corbeau qui ne revint pas ; puis une
colombe, qui ne trouvant pas où se poser, revint dans l'arche. Sept
jours après, Noé renvoya la colombe qui revint encore, vers le soir,
portant dans son bec un rameau d'olivier avec des feuilles vertes.
Lâchée de nouveau, sept jours après, la colombe ne revint pas.
Alors, sur l'ordre de Dieu, Noé sortit de l'arche avec sa famille et les
animaux.
ALLIANCE DE DIEU AVEC NOÉ, — Au sortir de l'arche, Noé
remercia le Seigneur en lui offrant un sacrifice ; Dieu fit alliance
avec lui et avec sa race et donna Pare-en-ciel comme signe de cette
alliance.
Le premier soin de Noé, en sortant de l'arche, fut de dresser un autel
et d'offrir un sacrifice au Seigneur, pour le remercier de l'avoir
préservé de la destruction générale.
Dieu le bénit avec ses enfants et leur dit : « Croissez,
multipliez-vous, et remplissez la terre. Nourrissez-vous de tout ce qui
est vivant et animé ; mais celui qui aura répandu le sang d'un homme
sera puni par l'effusion de son propre sang, car l'homme a été créé à
l'image de Dieu. »
A partir du déluge, l'homme fut autorisé à se nourrir de la chair des
animaux ; jusque-là il s'était contenté de végétaux.
Dieu dit encore à Noé : « Je fais aujourd'hui alliance avec vous et avec
vos descendants, et je placerai mon arc dans les nuées comme signe de
cette alliance, et il n'y aura plus de déluge. »
NOE ET SES FILS
LES FILS DE NOÉ. _
Noé maudit Chanaan, fils de Cham, et il bénit Sem et Japhet.
Noé eut trois fils : Sem, Cham et Japhet. Il s'appliqua à l'agriculture
et planta la vigne.
Ne connaissant pas la force du vin, il en but, tomba dans une ivresse
involontaire et s'endormit dans sa tente,. sans être vêtu décemment.
Cham, son second fils, le vit en cet état et se moqua de lui ; mais Sem
et Japhet s'approchèrent de leur père, et, marchant à" reculons,
ils le couvrirent d'un manteau.
Noé dit à son réveil : « Que Chanaan soit maudit ; que Dieu multiplie la
postérité de Japhet, et qu'il habite dans les tentes de Sem. »
Noé ne voulut pas maudire Cham qui avait reçu la bénédiction de Dieu au
sortir de l'arche; mais il maudit Chanaan, fils aîné de Cham, qui était
un homme méchant.
LA TOUR DE BABEL.
— Les descendants de Noé entreprirent la construction de la tour de
Babel, mais Dieu confondit leur langage et ils se dispersèrent.
Les descendants de Noé, devenus très nombreux, ne pouvaient plus habiter
le même pays ; ils résolurent de se séparer.
Mais, afin de rendre leur nom célèbre, ils entreprirent, dans la région
où devait s'élever plus tard Babylone, la construction d'une ville et
d'une tour, dont le sommet devait atteindre le ciel.
.Pour renverser ce projet insensé, Dieu confondit leur langage ; ne
pouvant plus se comprendre les uns les autres, ils furent obligés
d'abandonner cet ouvrage, qui prit le nom de Babel, c'est-à-dire
confusion. Les hommes se séparèrent et se répandirent ensuite de proche
en proche dans les différentes parties de la terre.
DE LA VOCATION D'ABRAHAM A LA SORTIE D'EGYPTE
ABRAHAM ET
ISAAC
VOCATION D'ABRAHAM. — Bientôt après leur dispersion, la plupart des
hommes adorèrent des idoles. Alors le Seigneur choisit Abraham pour être
le père du peuple chez qui se conserverait la vraie religion.
La plupart des hommes abandonnaient le culte du Seigneur pour offrir
leurs adorations à des idoles : au soleil, à la lune, aux étoiles, et
même aux animaux et aux plantes. C'est pourquoi Dieu résolut de se
former un peuple choisi, qui conserverait la vraie religion, et
donnerait naissance au Rédempteur promis.
Abraham fut désigné pour être le père de ce peuple privilégié qu'on
appela peuple hébreu en souvenir d'Héber, descendant de Sem, et ancêtre
d'Abraham.
Cet homme juste demeurait à "UR", en Chaldée, et n'avait jamais
participé à l'idolâtrie de ses concitoyens.
Dieu lui dit : « Sors de ton pays, quitte ta famille, et va dans la
terre que je te montrerai. Je te rendrai le père d'un grand peuple, et
ton nom .deviendra célèbre. Je bénirai tous ceux qui te béniront, je
maudirai tous ceux qui te maudiront, et en toi seront bénies toutes les
nations de la terre. »
Cet appel de Dieu, c'est ce qu'on nomme la vocation d'Abraham.
ABRAHAM, LOTH ET MELCHISÉDECH.
— Abraham vint habiter le pays de Chanaan. Il se sépara de Loth,
qu'il délivra plus tard avec d'autres prisonniers ; en action de grâces,
Melchisédech offrit un sacrifice au Seigneur.
Pour obéir à la voix dé Dieu, Abraham quitta la Chaldée avec Sara sa
femme, Loth son neveu, ses serviteurs et ses troupeaux, et entra dans le
pays habité par les descendants de Chanaan.
Plus tard, à cause du grand nombre de leurs troupeaux, il se sépara de
son neveu. Il se dirigea vers Hébron, et Loth alla habiter Sodome.
Cette' dernière ville ayant été pillée et Loth emmené prisonnier,
Abraham réunit 318 de ses plus braves serviteurs, surprit les ennemis,
les défit, délivra les prisonniers et fit un grand butin.
Comme Abraham revenait vainqueur, Melchisédech, prêtre du Très-Haut et
roi de Salem, vint au-devant de lui, le bénit, et offrit au Seigneur, en
action de grâce, un sacrifice de pain et de ce vin qui était une figure
du sacrifice de la messe.
DESTRUCTION DE
SODOME ET DE GOMORRHE.
Sodome et
Gomorrhe furent détruites par lé feu, mais Loth fut sauvé.
Dieu fit connaître à Abraham que les villes de Sodome et de Gomorrhe
allaient être détruites, parce que leur iniquité était-montée à son
comble.
Ce saint homme implora le Seigneur pour les coupables : il lui demanda
si cinquante justes ne suffiraient pas pour sauver ces villes.
Et le Seigneur lui répondit qu'il pardonnerait à cause de ces cinquante
justes.
Abraham descendit à quarante, à trente, et même à dix ;
le Seigneur consentit encore à pardonner, mais les dix justes ne s'y
trouvèrent pas.
Des anges annoncèrent à Loth, qui habitait Sodome.
la prochaine destruction de la ville, et lui dirent de faire sortir
promptement ses amis et tous ceux qui lui appartenaient. Loth se hâta de
les prévenir ; mais ils se moquèrent de lui et de ses conseils.
Le lendemain, de grand matin, les anges pressèrent Loth sa femme et ses
deux filles de quitter Sodome et de s'éloigner à la hâte, sans regarder
derrière eux.
Quand ils furent sortis, une pluie de soufre et de feu consuma Sodome,
Gomorrhe,« ainsi que les villes d'alentour, dont le territoire est
occupé aujourd'hui par le sud de la mer Morte.
La femme de Loth, malgré la défense faite par les anges, se retourna
pour regarder en arrière ; à l'instant même, elle fut changée en une
statue de sel.
NAISSANCE D'ISAAC. AGAR ET
ISMAEL.
Sara donna le jour à Isaac. Abraham chassa Agar et son fils Ismaël.
Abraham avait, de son esclave Agar, un fils nommé Ismaël ; mais il n'en
avait pas de sa femme Sara.
Or, quelques jours avant la destruction de Sodome, Abraham étant assis à
l'entrée de sa tente, vit venir à lui trois anges sous la figure de
jeunes voyageurs. Il les pria d'entrer, et leur servit à manger.
L'un d'eux lui dit :
« Dans un an, Sara, ta femme, mettra au monde un fils ; il sera
l'héritier des promesses divines. »
Ce fils fut appelé Isaac, comme Dieu l'avait ordonné.
Ismaël ne devait pas hériter des promesses du Seigneur. Il en conçut une
grande haine contre Isaac, et il le maltraita.
Sara, indignée, demanda à son époux de chasser l'esclave et son fils.
Abraham hésitait ; mais, après avoir consulté Dieu, il prit un pain et
un vase plein d'eau qu'il mit sur l'épaule d'Agar, lui donna son fils et
la renvoya.
Quand l'eau fut épuisée, Agar mit son fils sous un arbre et s'éloigna,
ne voulant pas voir mourir son enfant. Comme elle pleurait, un ange
l'appela, et lui dit : « Agar, ne crains point, car ton fils deviendra
le père d'un grand peuple » ; et il lui montra une source d'eau qui
était proche.
SACRIFICE
D'ABRAHAM.
Pour obéir au Seigneur, Abraham se disposait à lui sacrifier Isaac,
lorsque l'ange l'arrêta et lui déclara que Dieu était satisfait de son
obéissance.
Pour éprouver la foi d'Abraham, Dieu lui dit : « Prends ton fils
unique, que tu chéris, et va me l'offrir en holocauste sur la montagne
que je te montrerai. »
Abraham, s'étant levé la nuit, partit avec Isaac, alors âgé de 37 ans.
Arrivé au pied du
mont Moria (1), il
prit lé feu et le glaive et mit le bois, nécessaire pour le sacrifice,
sur les épaules d'Isaac, qui devint ainsi une figure de Jésus-Christ
portant sa croix. Tandis qu'ils marchaient, Isaac dit : « Mon père,
voici le feu et le bois, mais où est la victime ? —- Dieu y pourvoira,
mon fils », répondit Abraham.
Lorsqu'ils furent arrivés sur la montagne, Abraham dressa un autel, y
plaça le bois, lia Isaac et le mit sur le bûcher ; puis, prenant le
glaive, il leva le bras pour immoler son fils bien-aimé. Mais un ange
lui cria du ciel : « Abraham ! Abraham ! ne frappe pas l'enfant et ne
lui fais aucun mal... »
Abraham leva les yeux et vit
près de lui un bélier retenu par les cornes dans un buisson. Il le prit
et l'offrit en holocauste à la place de son fils.
Le Seigneur, voyant l'obéissance d'Abraham, lui dit ; « Parce que tu as
obéi à ma voix et que tu n'as pas épargné ton fils unique, je te bénirai
et je multiplierai ta postérité comme les étoiles du ciel et le sable de
la mer, et Joutes les nations de la terre seront bénies en Celui qui
sortira de toi. .
(1) Ce mont Moria
serait celui où fut bâti, plus tard, le temple de Salomon.
MARIAGE D'ISAAC. MORT D'ABRAHAM.
Abraham envoya Éliézer, en Mésopotamie, pour chercher une épouse à
Isaac. Il mourut peu de temps après le mariage. Sa foi lui mérita d'être
appelé le >< Père des Croyants ».
Abraham, ne voulant pas s'allier avec les habitants de Chanaan, envoya,
en Mésopotamie, Éliézer, son plus fidèle serviteur, chercher une épouse
à Isaac. Éliézer partit avec dix chameaux chargés de riches présents.
Arrivé près de la ville de Haran, où demeurait Nachor, frère d'Abraham,
il s'arrêta, sur le soir, au bord d'une fontaine, et fit à Dieu cette
prière : « Seigneur, Dieu d'Abraham, faites que la jeune fille que vous
destinez à Isaac soit celle qui me donnera de l'eau quand je lui en
demanderai, et qui m'en offrira aussi pour mes. chameaux. ».
A ce moment parut Rébecca, fille de Bathuel, et petite-fille de Nachor.
Éliézer lui demanda à boire : «Très volontiers, répondit-elle, et de
plus je tirerai de l'eau pour vos chameaux.»
A ce signe, Éliézer reconnut qu'elle devait être l'épouse de son jeune
maître ; il lui offrit en présent des pendants d'oreilles et des
bracelets d'or.
Après avoir remercié le Seigneur, il suivit Rébecca dans la maison de
son père. Bathuel, apprenant ce qui s'était passé, et ne doutant point
de la volonté de Dieu, consentit au mariage.
Le lendemain, Éliézer emmena Rébecca, et le mariage fut contracté en
présence d'Abraham.
Peu après le mariage d'Isaac, Abraham termina dans une heureuse
vieillesse, à l'âge de 175 ans, une carrière pleine de vertus sublimes.
Sa foi dans les desseins de Dieu est le trait le plus admirable de son
caractère ; elle lui mérita le titre de Père des croyants, et le
Seigneur lui-même daigna se nommer le Dieu d'Abraham.
Il fut enterré à Hébron, auprès de Sara.
ESAÜ ET JACOB
POSTÉRITÉ D'ISAAC
Isaac reçut de Dieu la
promesse d'une nombreuse postérité. Rébecca lui donna deux fils, Esafl
et Jacob.
Le Seigneur apparut à Isaac et lui dit : « Je multiplierai ta
postérité comme les étoiles du ciel, et eh elle seront bénies toutes les
nations de la terre. »
Isaac eut deux fils jumeaux. Le premier était roux et couvert de poils,
c'est pourquoi on-le nomma Esaii (velu) ou Edom (roux) ; le second fut
appelé Jacob (supplanteur).
Avant même leur naissance, Dieu avait fait connaître à Rébecca, leur
mère, que Jacob mériterait, par sa vertu, d'être élevé au-dessus
de son frère aîné.
ISAAC BÉNIT
JACOB.
Esaü vendit son droit d'aînesse pour un plat de lentilles. Afin de
s'assurer ce droit, Jacob .s'entendit avec sa mère Rébecca pour recevoir
la bénédiction paternelle.
Un jour, Jacob avait apprêté un plat de lentilles ; Esaü qui
revenait de la chasse, épuisé de faim et de lassitude, lui dit : «
Donne-moi de ce mets.
"Vends-moi ton droit d'aînesse", répliqua Jacob.
Esaü y consentit en disant : « Je m'en vais mourir ; à quoi me servira
mon droit d'aînesse ? »
Jacob ajouta : « Jure-le-moi à l'instant.
Et il le jura. Alors Jacob lui donna du pain et le plat de lentilles.
Esaü mangea et but, et s'en alla ensuite, se mettant peu en peine
d'avoir vendu son droit d'aînesse.
Jacob ne pouvait être assuré du droit d'aînesse que par la bénédiction
paternelle, et malgré ses serments, Esaü espérait bien l'obtenir.
Se croyant près de mourir, Isaac voulut transmettre à son fils aîné
l'héritage des promesses divines ; il envoya donc Esaü à la
chasse, afin qu'il apportât de quoi fournir au festin d'usage en cette
occasion.
Rébecca, de son côté, prépara promptement un repas à Isaac, revêtit
Jacob des habits d'Esaü et lui couvrit de peau de chevreau les mains et
le cou, afin qu'il ressemblât davantage à son frère.
Vision de Jacob.
Elle pensait qu'Isaac, dont la vue était affaiblie par l'âge, ne
pourrait le distinguer, et lui donnerait la bénédiction attribuée au
premier-né.
Dans ses vues mystérieuses, Dieu permit que le stratagème réussît.
Ésaü rentra lorsque Jacob venait de recevoir la bénédiction paternelle,
qui le constituait héritier des promesses faites à Abraham. Instruit de
ce qui s'était passé, il poussa des cris de douleur et fondit en larmes
; mais son père, reconnaissant que Rébecca avait agi par inspiration
divine, refusa de se rétracter.
FUITE DE JACOB. PROMESSE DU
MESSIE.
Craignant la colère de son frère, Jacob se retira en Mésopotamie.
Pendant le voyage, il eut un songe mystérieux, et le Seigneur lui promit
que le Messie sortirait de sa race.
Rébecca, qui craignait la vengeance d'Esaü, persuada Isaac d'envoyer
Jacob en Mésopotamie, chez son oncle Laban. Jacob partit seul, à pied,
un bâton à la main.
Sur le soir, étant arrivé en un lieu qui depuis fut appelé Béthel
(carte, p. 19), il s'arrêta pour se reposer, mit une pierre sous sa tête
et s'endormit.
II vit en songe une échelle qui touchait d'un bout au ciel et de l'autre
à la terre. Le Seigneur se tenait en haut, et lui disait :
« Je suis le Dieu d'Abraham et d'Isaac ; je te donnerai à toi et à tes
descendants le pays où, tu es, et toutes les nations de la terre seront
lentes en toi et en Celui qui sortira de toi. »
JACOB EN
MÉSOPOTAMIE. SON RETOUR.
Jacob resta
vingt ans chez son oncle Laban qui lui donna, en mariage, ses deux
filles, Rachel et Lia.
A son retour, il offrit des présents à son frère et apaisa ainsi sa
colère.
Arrivé en Mésopotamie, Jacob se retira chez son oncle Laban, qui lui
confia la garde de ses troupeaux, et lui donna en mariage ses deux
filles, Rachel et Lia.
Jacob resta vingt ans en Mésopotamie. La bénédiction que Dieu répandit
sur tout ce qui lui appartenait excita l'envie de Laban, et le saint
patriarche crut prudent de revenir en Chanaan.
Après s'être assuré qu'il faisait la volonté de Dieu, Jacob, profitant
de l'absence de Laban, se mit en chemin avec sa famille, ses serviteurs
et les troupeaux qu'il avait acquis au service de son beau-père.
Laban, averti de ce départ, entra dans une grande colère, et partit à la
poursuite de Jacob. Il l'atteignit au bout de sept jours, près d'une
montagne ; mais, la nuit précédente, le Seigneur était apparu à Laban,
et lui avait défendu de faire aucun mal à Jacob. C'est pourquoi, après
quelques reproches, l'oncle et le neveu se réconcilièrent et se jurèrent
une amitié éternelle. Pour perpétuer le souvenir de cette alliance, ils
amassèrent des pierres et en firent un monceau qu'ils appelèrent Galaad,
c'est-à-dire le monceau du témoignage.
Dans la suite ce nom fut donné à toute la montagne.
Près d'arriver au terme de son voyage, Jacob apprit que son frère Esaü
s'avançait contre lui avec 400 hommes. Effrayé à cette nouvelle, Jacob
implora le secours divin. Pour l'assurer de sa protection, le Seigneur
lui envoya, sous la forme humaine, un ange qui lutta avec lui jusqu'au
matin sans pouvoir le vaincre. En le quittant, l'ange lui dit : « On ne
te nommera plus Jacob, mais Israël, c'est-à-dire fort contre Dieu. «
Jacob envoya d'abord des présents à son frère, et quand il le vit de
loin, il se prosterna sept fois en s'avançant vers lui ; toute sa
famille l'aborda de la même manière. Touché de tant de soumission, Essaü
embrassa Jacob et l'assura de son amitié.
ENFANTS DE
JACOB.
Jacob eut douze fils qui
furent les chefs des douze tribus d'Israël.
Jacob eut douze fils, qui furent les chefs des douze tribus, ou des
douze familles d'Israël.
Voici leurs noms : Ruben, Siméon, Lévi, Juda, Issachar, Zabulon, Dan,
Nephtali, Gad, Aser, Joseph et Benjamin.
Les plus célèbres des enfants de Jacob furent :
1° Juda, dont la tribu donna des rois au peuple juif, et le Sauveur à
toutes les nations.
2° Lévi, dont la tribu fut consacrée au service des autels.
3° Joseph, dont la vie, pleine d'événements extraordinaires, fut une
figure dû Messie.
PROMESSE DU
MESSIE A ABRAHAM, ISAAC ET JACOB.
Abraham, Isaac et Jacob
reçurent successivement, et à peu près dans les mêmes termes, la
promesse du Messie futur.
La promesse du Messie fut faite à Abraham, Isaac et Jacob à peu près
dans les mêmes termes :
« Toutes les nations de la terre seront bénies en CELUI qui
sortira de toi », c'est-à-dire en Nôtre-Seigneur Jésus-Christ, qui
apporta sur la terre les bénédictions divines, en sauvant l'humanité
coupable.
Il est souvent question dans la Bible de ces trois saints patriarches.
Dieu lui-même s'appela parfois le Dieu d'Abraham, d'Isaac et de Jacob.
La promesse qu'ils reçurent du ciel fut accomplie par l'incarnation du
fils de Dieu et sa naissance de la Vierge Marie, qui, par David,
descendait de Jacob, d'Isaac et d'Abraham.
JOSEPH
ENFANCE DE
JOSEPH. IL EST VENDU PAR SES FRERES.
Joseph fut en butte à la jalousie de ses frères, qui le vendirent
comme esclave.
Joseph, onzième fils de Jacob, se distingua dès son enfance par sa piété
et par sa sagesse ; c'est pourquoi son père l'aimait plus que ses autres
enfants.
Ses frères le haïssaient à cause de cette préférence. Mais ce- qui mit
le comble à leur jalousie, ce fut le récit de deux songes qui marquaient
sa grandeur future :
« Nous étions tous occupés, leur dit-il, à lier des gerbes dans un champ
; la mienne se tenait debout, les vôtres l'entouraient et l'adoraient.
J'ai vu en songe, leur dit-il une autre fois, le^soleil, la lune, et
onze étoiles qui m'adoraient. »
Un jour, Jacob voulut avoir des nouvelles de ses fils, qui gardaient les
troupeaux dans le désert ; il leur envoya Joseph. « Voici notre
visionnaire, dirent-ils en le voyant; tuons-le, et nous verrons à quoi
ses songes lui auront servi. »
Ruben s'opposa à cet horrible projet, et obtint que Joseph fût descendu
dans une citerne sans eau. Il avait l'intention de l'en retirer
secrètement et de le renvoyer à son père ; mais ses frères, sur l'avis
de Juda, le vendirent à des marchands, qui le conduisirent en Egypte.
Pour cacher leur crime, ils trempèrent dans le sang d'un chevreau la
robe de leur frère et l'envoyèrent à Jacob.
« Ah ! s'écria le vénérable vieillard en la voyant, c'est la robe de
Joseph ; une bête féroce a dévoré mon enfant ! » II se couvrit d'un
cilice, et pleura son fils pendant longtemps.
JOSEPH CHEZ
PUTIPHAR, PUIS EN PRISON.
Conduit en Egypte, Joseph devint l'intendant de Putiphar, ministre du
pharaon (1). Accusé injustement, il fut enfermé dans la prison royale où
il expliqua les songes du panetier et de l'échanson du pharaon.
Joseph, arrivé en Egypte, fut vendu à Putiphar, ministre du pharaon.
Ses vertus lui méritèrent la confiance de .son maître, qui l'établit sur
tous ses serviteurs et lui donna même l'intendance de ses biens.
Mais la vertu de Joseph devait être mise à l'épreuve. La femme de
Putiphar essaya vainement de le porter au mal et le calomnia d'une
manière odieuse.
Son mari, trop crédule, fit enfermer l'innocent Joseph dans la prison
royale.
Le Seigneur n'abandonna pas son serviteur, et, pour commencer à
récompenser sa vertu, il lui donna le don de prophétie. Le grand
panetier et le grand échanson du pharaon, qui étaient dans la même
prison, eurent chacun un songe qui présageait leur sort futur. Joseph le
leur expliqua, et tout arriva comme il l'avait prédit.
Joseph explique les songes du pharaon.
JOSEPH
EXPLIQUE LES SONGES DU PHARAON ET DEVIENT SON MINISTRE.
Joseph donna au pharaon l'explication dès sept vaches grasses et des
sept vaches maigres, des sept épis pleins et des sept épis vides qu'il
avait vus en songe. Il devint ministre du pharaon qui l'établit pour
commander à toute l'Egypte.
Dans une même nuit, Dieu envoya au pharaon deux songes qui le
frappèrent singulièrement. Dans l'un il vit sept vaches grasses qui
sortaient du Nil et allaient paître dans les prairies voisines ; puis il
vit sortir du fleuve sept autres vaches fort maigres, qui dévorèrent les
premières sans en devenir plus grasses. .
Dans l'autre songe, il vit sept épis pleins et portés par une seule
tige, dévorés par sept autres épis- desséchés et sans grain, sortant
également d'une seule tige.
Personne ne pouvant expliquer ces songes, Joseph, après avoir élevé son
esprit vers Dieu, répondit qu'ils annonçaient sept années d'une
abondance prodigieuse, qui seraient suivies de sept autres années d'une
grande famine.
Il conseilla au prince d'établir, sur toute l'Egypte, un homme sage et
habile, qui eût soin, pendant les sept années d'abondance, de faire
amasser une partie de la récolte dans les greniers publics.
Le pharaon, étonné de la sagesse de Joseph, s'écria :
« Où pourrais-je trouver un homme aussi rempli de l'esprit de Dieu que
celui-ci ? »
Et s'adressant à Joseph :
« C'est toi-même, dit-il, que j'établis pour commander à toute l'Egypte
; je n'aurai que le trône et la qualité de roi au-dessus de toi. »
Et quand le peuple se plaignait, il répondait :
« Allez demander à Joseph et faites tout ce qu'il vous dira. »
Joseph parcourut l'Egypte et
fit préparer des greniers pour recevoir l'excédent de la récolte de
chaque année d'abondance. Lorsque vinrent les années de stérilité et de
famine, le sage gouverneur épargna les horreurs de la faim aux Égyptiens
et aux peuples des alentours.
PREMIER VOYAGE
DES FRÈRES DE JOSEPH EN EGYPTE.
Les fils de Jacob allèrent en Egypte pour acheter du blé. Joseph les
reconnut, mais il feignit de les prendre pour des espions et garda
Siméon en otage. Cependant, à leur insu, il fit mettre dans leurs sacs
de blé, l'argent qu'ils avaient donné.
Cependant la famine vint affliger la terre de Chanaan. Jacob envoya
ses fils en Egypte pour y acheter du blé. Il ne garda prés de lui que
Benjamin, le plus jeune.
Lorsque Joseph vit ses frères, il les reconnut ; mais il feignit de les
prendre pour des espions.
« Seigneur, lui dirent-ils1, nous sommes venus ici seulement pour
acheter du blé ; nous sommes douze frères, tous enfants d'un même père,
qui habite le pays de Chanaan ; le plus jeune est resté avec notre père,
et l'autre n'est plus au monde. »
« Eh bien ! reprit Joseph, que l'un de vous aille chercher ce
jeune-frère, tandis que les autres resteront en prison. » Alors, saisis
d'effroi, ils se disaient entre eux : « Nous méritons bien ce châtiment
; c'est le sang de Joseph qui crie vengeance contre nous. »
Joseph parlait égyptien et s'adressait à eux avec le concours d'un
interprète, mais il comprenait leur conversation. Se sentant trop ému
pour rester avec eux, il se retira pour pleurer ; puis il ordonna de
remplir leurs sacs de blé, et d'y mettre aussi, à leur insu, l'argent
qu'ils avaient donné ; alors il les renvoya et retint seulement Siméon
en otage, pour les contraindre de revenir et de lui amener Benjamin,.
fils de Rachel comme lui.
DEUXIÈME
VOYAGE EN EGYPTE.
Benjamin se joignit à ses frères pour le second voyage en Egypte.
Joseph fit cacher sa coupe dans le sac de Benjamin et menaça de le
garder comme esclave ; mais voyant que ses frères aimaient leur père
ainsi que leur jeune frère, il se fit connaître à eux.
Les provisions apportées s'épuisaient ; Jacob dit à ses fils de
retourner en Egypte; ils répondirent qu'ils ne pouvaient y paraître sans
amener Benjamin avec eux. « Confiez-moi l'enfant, ajouta Juda, et si je
ne vous le ramène pas, je me soumets à toute votre indignation. »
Arrivés en Egypte, ils demandèrent l'intendant de Joseph, pour lui
'remettre l'argent qu'ils avaient trouvé dans leurs sacs ; celui-ci le
refusa, assurant qu'il avait reçu tout ce qui lui était dû. « C'est
votre Dieu, ajouta-t-il, et celui de votre père qui vous a fait trouver
l'argent dont vous parlez. »
Joseph vint à eux ; ils se prosternèrent à ses pieds et lui offrirent
leurs présents. « Votre père, ce bon vieillard dont vous m'avez parlé,
vit-il encore ? leur dit Joseph ; comment se porte-t-il ? »
Ils répondirent : « Notre père, votre serviteur, est encore en vie et se
porte bien. »
Après le repas que Joseph donna à ses frères, il fit remplir leurs sacs
de blé, et ordonna qu'on mît sa coupe d'argent dans celui du plus jeune.
A peine les fils de Jacob étaient-ils hors de la ville, que Joseph les
fit poursuivre. On fouilla les sacs, et la coupe fut trouvée dans celui
de Benjamin; Ils furent tous ramenés devant Joseph, qui leur fit de
sévères reproches : « Ignorez-vous, leur dit-il, que personne ne m'égale
dans la science des choses cachées ? Que celui qui a dérobé ma coupe
soit mon esclave ; vous autres, retournez en liberté. »
« Notre père mourra, répondit Juda, si je me présente devant lui sans
cet enfant, fils de Rachel comme celui qu'il a déjà perdu : j'ai répondu
de lui sur ma vie ; que je demeure donc votre esclave, et qu'il retourne
avec ses frères. »
Joseph, assuré que ses frères aimaient leur père ainsi que Benjamin, se
sentit tout ému de tendresse. II fit sortir les étrangers, puis il
s'écria en pleurant : « Je suis Joseph ! » Et se jetant au cou de
Benjamin, il l'embrassa tendrement.
il embrassa aussi tous ses frères, les rassura avec bonté, et leur fit
reconnaître la volonté de Dieu dans tout ce qui était arrivé.
JACOB EN
EGYPTE
Jacob partit pour
l'Egypte avec soixante-dix personnes et habita la terre de Gessen.
A la vue des présents que Joseph lui envoyait, Jacob s'écria : « Puisque
Joseph vit encore, j'irai en Egypte, et je le verrai avant de mourir. »
II partit donc avec toute sa famille, composée de soixante-dix
personnes. Joseph présenta son père au pharaon, qui donna la terre de
Gessen au vieillard et à ses enfants.
DERNIERS
MOMENTS DE JACOB
Avant de mourir, Jacob
bénit ses enfants et prédit à Juda que le Messie sera parmi ses
descendants. Il fut enterré à Hébron.
Jacob vécut
dix-sept ans en Egypte.
Étant près de mourir, il appela son fils Joseph, le bénit, adopta ses
deux fils, Ephraïm et Mariasse, et lui fit promettre de transporter son
corps dans le sépulcre de ses pères.
Jacob bénit ensuite ses autres enfants, et prédit à chacun d'eux les
destinées futures de leur race. Lorsqu'il fut arrivé à Juda, qui devait
compter le Messie parmi ses descendants,
il lui dit :
« Juda, tes frères te loueront et se prosterneront devant toi, ta main
sera sur la tête de tes ennemis. Le sceptre ne sortira pas de Juda, ni
le prince de sa postérité, jusqu'à ce que vienne Celui qui est l'attente
des nations. »
Jacob mourut âgé de 147 ans.
Son corps fut porté en grande cérémonie à Hébron pour y être enterré
auprès d'Abraham, de Sara, d'Isaac, de Rébecca et de Lia.
MORT DE JOSEPH
Joseph mourut âgé de 110
ans, après avoir commandé 80 ans à l'Egypte.
Avant d'expirer, Joseph fit jurer à ses frères de ramener ses restes au
pays de Chanaan lorsque le Seigneur les ferait sortir de l'Egypte pour
leur donner la terre qu'il avait autrefois promise à, Abraham, à Isaac
et à Jacob.
DIEU PERMET A
SATAN D'ÉPROUVER LA FIDÉLITÉ DE JOB.
Job était un homme
craignant Dieu et fuyant le mal. Il possédait de grands biens et une
nombreuse famille. Pour éprouver sa fidélité, Dieu permit à Satan de
l'accabler de maux.
Job habitait la terre de Hus, à l'époque où les Juifs étaient opprimés
en Egypte. C'était un homme simple et droit, craignant Dieu et fuyant le
mal. Il avait dix enfants et de nombreux troupeaux ; son nom était grand
parmi les siens.
Pour éprouver sa fidélité, Dieu permit à Satan de l'accabler de toutes
sortes de maux, mais lui défendit de toucher à sa personne.
à suivre
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